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« Les médecins c’est plus ce que c’était ».

Je ne peux plus encaisser ces critiques banales sans m’effondrer intérieurement. Après quelques années à prêcher l’enthousiasme des jeunes généralistes, comment trouver encore les arguments pour convaincre ?

« Les jeunes médecins ne veulent plus travailler », « Il est encore en vacances », « Il s’en fiche de ce qui peut nous arriver », des petites phrases si courantes, qui font mal à la jeune génération de médecins qui s’efforce de défendre, certes différemment, l’intérêt de ses patients.

Ces patients regrettent le médecin disponible jour et nuit 7 jours sur 7, les rendez-vous sans délai (quelque soit le motif), les renouvellements d’ordonnance sur la tablette de la salle d’attente…

Je ne peux plus encaisser ces critiques banales sans m’effondrer intérieurement. Après quelques années à prêcher l’enthousiasme des jeunes généralistes, comment trouver encore les arguments pour convaincre ?

Les médecins qui étaient disponibles à tout instant avaient leur cabinet en annexe de leur domicile et bien souvent leur épouse comme secrétaire. Dans un contexte où la responsabilité est le maître mot, et dans un domaine où l’erreur n’est pas permise, peut-on souhaiter être soigné en toute confiance par un médecin qui travaille 6 jours sur 7 et est disponible au pied levé le reste du temps, y compris la nuit ? A l’heure où la défense du Code du Travail soulève les foules, comment peut-on souhaiter confier sa santé et sa vie à un humain surmené (quand d’autres solutions existent) ? A moins que j’aie raté le module « Devenir un sur-homme » à la fac…

Si le secrétariat n’est plus assuré par le conjoint et le cabinet n’est plus dans l’arrière cuisine, la permanence des soins est organisée 24h/24. Certes différemment.

Ces jeunes médecins, encore eux, qui ne font plus les ordonnances par téléphone, c’est qu’ils croient à la force de la prévention et de l’éducation thérapeutique. Et pour l’instant, dans ce domaine, les tablettes des salles d’attentes ne sont pas très performantes.

Et si le médecin ne donne pas de rendez-vous dans la journée pour le renouvellement d’ordonnance, c’est pour recevoir les urgences et pour assurer les formalités administratives, la coordination des soins ou encore se former ou entretenir les relations pluri-professionnelles. Parce que la prise en charge globale ne s’arrête pas au temps passé en consultation.

Toutes ces missions « annexes » ne sont pas des lubies de jeunes médecins idéalistes. Elles sont une réponse nécessaire à l’exigence de qualité des soins de la société. Ces changements permettent de concilier qualité des soins et gestion des dépenses. Parce que tout un chacun veut recevoir les meilleurs soins possibles et que l’Assurance Maladie veille à en limiter les coûts.

Ces jeunes médecins, encore eux, qui ne font plus les ordonnances par téléphone, c’est qu’ils croient à la force de la prévention et de l’éducation thérapeutique. Et pour l’instant, dans ce domaine, les tablettes des salles d’attentes ne sont pas très performantes.

Alors oui, les médecins d’aujourd’hui sont différents des médecins d’hier. Mais les patients aussi, et les contraintes des dépenses publiques, les technologies diagnostiques et thérapeutiques, les recommandations de bonnes pratiques aussi !

Docteur S.A.

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