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« OUI les jeunes s’installent et aussi à la campagne ! »

Je suis une jeune médecin généraliste de 34 ans, je me suis installée en 2014, 6 mois après ma thèse. Je suis pacsée et c’est mon conjoint qui m’a suivi. Il est fonctionnaire ce qui estsûrement plus facile pour trouver du boulot me direz vous.

Je n’ai pas fait mes études à Rennes, d’abord angevine puis rémoise pour mon internat mes racines bretonnes m’ont rappelées dans la région.

L’avantage de remplacer, c’est de se donner des idées, expérimenter des choses, des lieux, échanger sur différentes façons de travailler et finalement se forger son idée sur sa pratique de demain.

J’avais fais un remplacement fixe pendant 2 ans dans une structure toute neuve en milieu rural à 25 min de Rennes dans ce qu’on appelle une “maison de santé pluridisciplinaire “. Il y avait 3 médecins, un échographiste, plusieurs kinésithérapeutes, deux cabinets d’infirmières, et des dentistes. La structure était neuve, spacieuse, on me l’avait vendue comme une structure qui allait faire des réunions de prévention, de la santé publique, du travail en coordination mais après 2 ans et pas une seule réunion je suis partie vers d’autres cieux.

L’avantage de remplacer, c’est de se donner des idées, expérimenter des choses, des lieux, échanger sur différentes façons de travailler et finalement se forger son idée sur sa pratique de demain.

J’ai donc repris mon petit balluchon et testé deux autres cabinets quelques jours par semaine pendant quelques mois. Et c’est finalement dans l’un deux que j’ai posé mes valises. C’est à Tremblay, à 30 min de Rennes, en rural, dans une maison médicale (beaucoup plus petite et moins neuve ) que j’ai trouvé ce que j’attendais et que je me suis installée. Là j’ai découvert une vraie envie de coordination et de travailler ensemble. Je suis dans un “Pôle de santé “ qui regroupe tous les médicaux et paramédicaux du canton. Nous faisons des réunions de coordination, des formations communes, nous travaillons sur le même logiciel métier. Nous rédigeons des protocoles, nous nous formons à l’éducation thérapeutique, pour offrir bientôt à nos patients et sur notre bassin de population une offre de santé qui lui correspond.

Nous sommes maintenant presque 5 dans la maison médicale, mon associée et moi même nous avons chacune notre collaborateur qui travaille 3 jours dans la semaine et notre remplaçante fixe qui fait nos jours d’absence.

J’ai fait un an de collaboration et depuis Septembre 2015 au départ à la retraite d’une des médecin, je me suis associée et j’ai même pris un collaborateur. Je travaille 3 jours et demi par semaine répartis sur 4 jours, je fais des consultations de vingt minutes. Je prend une pause café le matinet l’après-midi, et je prends le temps de manger le midi. Je vois en moyenne 20 patients par jours et cela me convient. J’ai gardé mon jeudi pour mon activité et mes formations. Je suis en train de me mettre à l’échographie, en plus de mon DIU de gynécologie et  j’augmente mes compétences dans d’autres domaines. Nous aurons bientôt un appareil à EFR, en plus de notre ECG et de notre mini échographe.

Nous sommes maintenant presque 5 dans la maison médicale, mon associée et moi même nous avons chacune notre collaborateur qui travaille 3 jours dans la semaine et notre remplaçante fixe qui fait nos jours d’absence. La moyenne d’âge a drôlement rajeuni depuis que je me suis installée : de 3 médecins autour de la soixantaine, nous sommes maintenant plutôt autour de 30 ans et je suis déjà la deuxième plus vieille ….

Nous avons une secrétaire efficace qui gère la paperasse et le téléphone de 8 h à 17 h .

Notre cabinet est ouvert de 8 h à 20 h, nous assurons une permanence jusqu’à 20 h à tour de rôle, et le midi c’est pareil nous tournons avec le cabinet de Bazouges la Perouse pour les urgences. Je participe aussi à la permanence des soins avec les gardes de secteur régulées par le 15 jusqu’à minuit le soir et le week-end .

Comme je l’avais annoncé à la fin de mon internat, j’avais envie de devenir Maître de Stage Universitaire (MSU pour les initiés) pour transmettre ma passion et j’espère mes connaissances aux externes et internes de médecine générale, comme les autres MSU m’ont transmis leur amour de ce métier !

A coté du cabinet  les libéraux du secteur interviennent aussi à l’hôpital local : dans le service de médecine et SSR (Soins de Suites et Réadaptation). Nous gérons les hospitalisations de nos patients souvent âgés : c’est mieux que de les envoyer traîner dans les couloirs sur des brancards aux urgences . Nous faisons les prescriptions, les courriers, les codages (les joies de l’hôpital quoi) et une visite minimum dans la semaine pour nos patients, les infirmières nous appellent pour gérer les soucis . Nous avons donc des astreintes téléphoniques de nuit et de week-end. Grâce à notre participation au sein de l’hôpital nous avons aussi une place dans les instances, je suis membre du CME (Comité Médical d’Etablissement)  et même la vice-présidente depuis Février.

Comme je l’avais annoncé à la fin de mon internat, j’avais envie de devenir Maître de Stage Universitaire (MSU pour les initiés) pour transmettre ma passion et j’espère mes connaissances aux externes et internes de médecine générale, comme les autres MSU m’ont transmis leur amour de ce métier ! C’est chose faite depuis juin 2015, je vais bientôt recevoir mon 2 ème interne. Il faut dire que mon associé est aussi MSU pour les internes et les SASPAS. En fait presque tous les médecins du canton sont MSU, voire directeur de thèse, ou donnent des cours à la faculté de médecine. Il ne nous manque plus que le Chef de Clinique Universitaire de Médecine Générale pour être un vrai pôle universitaire.

Alors c’est sûr qu’avec ces activités d’enseignement, nous n’avons pas de mal à trouver des remplaçants et les jeunes s’installent dans le canton. Nous sommes même  “sur dotés “ selon l’ARS . Mais personne ne travaille  à plein temps ce qui fausse les statistiques, et autour de nous les autres cantons sont plutôt des zones blanches. Nous drainons un grand bassin de population qui grignote même sur les départements limitrophes.

Chacun travaille à son rythme et souvent a des activités annexes : des gardes aux urgences de hôpital, des consultations au centre de planification, un tiers temps à l’hôpital dans le service de rééducation, des consultations d’homéopathie… C’est ça les joies de la médecine générale c’est que chacun y trouve son bonheur .

Donc en effet les jeunes femmes s’installent et même à la campagne, et elles le vivent bien. J’ai du temps pour moi pour mon conjoint, mes amis, et la famille. J’ai même le temps de faire construire une maison et d’être là pour les réunions de chantier. Et je ne me fais pas de soucis pour l’avenir, j’ai un projet de grossesse, j’aurai une remplaçante pour mon congé maternité car les conditions d’exercice sont sympas et attractives.

Alors pour les vieux briscards toujours prêts à critiquer  les jeunes, sachez que les jeunes s’impliquent et prennent des responsabilités. Ils aiment leur métier et le vivent comme une vocation aussi. Devenez maîtres de stages, échangez sur des vrais projets de santé publique et vous trouverez des jeunes qui viendront travailler avec vous et reprendront vos patientèles où que ce soit ….

 

DR DL

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