Un moment excitant !

Chers Confrères,

J’ai 30 ans et je vais vous parler d’un moment EXCITANT : mon installation !

C’est encore tout frais : date officielle au 01/07/2016.

Je profite de cette initiative qui m’a tout de suite paru essentielle pour affirmer l’importance de ce moment dans une carrière professionnelle : après la création de sa boîte (début du libéral), c’est un peu comme une nouvelle naissance, une nouvelle manière de pratiquer la médecine.

J’ai parfois l’impression d’être à contre-courant par rapport à l’hésitation de certains camarades de promo à franchir ce cap (indécision, « on dit » équivalent à du « médecine libérale bashing » pour reprendre ce terme à la mode Outre Manche, etc. ).

Au moment du concours de l’internat = Épreuves Classantes Nationales (en 2009),  je voulais 2 choses :

– me rapprocher de la montagne car j’étais alors en région parisienne

– faire de la médecine générale libérale, médecin de famille quoi !

Mon classement me permettait de choisir d’autres spécialités et il a alors fallu « résister » aux influences extérieures entre les résultats au mois de juillet et septembre 2009,  moment du choix. Je ne suis pas le seul, parmi ceux faisant le CHOIX de la médecine générale, à avoir subi la mentalité « étroite » de certains : « Pourquoi ne choisis-tu pas une spécialité médicale autre (Radiologue, cardiologue, etc. ) à Paris ? » Je vous laisse imaginer la haute estime (ironiquement bien sûr… ) de la médecine générale pour la majorité (société + étudiants en médecine) en 2009…

Il faut préciser, pour les non initiés aux réalités de la formation initiale, que choisir la spécialité de médecine générale n’était pas chose facile au moment des ECN. Je ne connaissais rien de la médecine générale en libéral,  n’ayant pas eu la possibilité d’y faire un stage avant d’être interne (c’est à dire BAC +7). Pourtant 50 % des postes environ, sur la France, sont en médecine générale chaque année, cela veut donc dire qu’on était 4 000 étudiants à la fin de BAC+6 qui choisissions à « l’aveugle » la médecine générale.

Choisir le lieu était plus simple car je voulais les Alpes. J’ai donc choisi Lyon et suis tout de suite allé en stage en périphérie du CHU, près de la montagne, à Annemasse (74 – Haute Savoie). C’était le point de départ de mon choix final d’installation, à la frontière entre la Savoie et la Haute Savoie !

Lors de mon premier contact (enfin !!!) avec la médecine générale libérale en 2011 comme interne,  j’ai vu l’exercice seul et l’exercice en groupe. Mon futur projet d’installation serait en groupe ! Le confort d’exercice avec un secrétariat présentiel et un projet de santé défini en équipe m’ont convaincu.

J’ai ensuite effectué des remplacements en libéral lors d’une année de césure en 2011-2012 : j’ai alors vu comment je ne voulais pas exercer (exercice seul, sans limite d’horaires,  ou exercice « tiroir-caisse », etc. ). J’en ai tiré des enseignements pour la suite. J’ai réalisé que mon exercice dépendrait de mes propres choix : c’est tellement varié qu’il faut savoir où l’on veut aller pour mener sa barque. Il ne faut pas seulement suivre le courant.

J’ai complété ma formation par un stage SASPAS en 2013 (stage de deuxième niveau en médecine générale libérale) dans un cabinet de groupe, fondateur d’un pôle de santé très actif avec les paramédicaux.

Enfin,  j’ai fait 2 années remplacements en libéral en 2014 et 2015 (environ 20 cabinets différents) sur le bassin d’Annecy.

C’est avec ce bagage que l’envie de m’installer s’est forgée.

Courant 2015, malgré beaucoup de propositions de succession (vu la démographie actuelle avec beaucoup de départs en retraite), je n’avais toujours pas trouvé de cabinet répondant à mes critères principaux : exercice de groupe avec dynamique de travail en équipe ! Ça vous paraît fou : moi aussi. L’outil de travail des médecins n’était tout simplement pas développé à la hauteur des possibilités de notre époque (pour diverse raisons,  économiques notamment).

Comment ai-je choisi le cabinet, me direz-vous ?

1) Tout d’abord le lieu géographique en fonction de ma vie personnelle +++ : Annecy et ses alentours pour sa qualité de vie et la proximité des montagnes.

2) Puis j’ai pris contact avec un des médecins d’un cabinet de groupe semi rural partant à la retraite, grâce à un site de mise en relation à l’été 2015. Je l’ai remplacé fin 2015 et, voyant que le contact passait bien avec les 2 associés, j’ai pris l’initiative de leur proposer des réunions de travail en vue de préparer mon installation pour l’été 2016. La question d’une collaboration s’est posée mais une association paraissait plus adaptée à la situation d’une succession.

Une fois la décision prise,  il fallait mettre toutes les ressources à contribution, alors je n’ai pas hésité à me faire conseiller : le guide de l’installation de ReAGJIR,  mon comptable (pas d’arrière pensée sur ce que ça coûte : mon boulot, c’est de soigner les gens,  le sien,  c’est la comptabilité), mon notaire (de même que pour le comptable), mes anciens maîtres de stage libéraux et mes connaissances installées (récemment ou pas). Toutes les expériences sont bonnes à connaître : bonnes ET mauvaises,  ça m’a évité et ça m’évitera sûrement des erreurs.

Après il faut mettre les mains dans le cambouis ! La communication d’abord avec les associés, c’est l’essentiel : apprendre à les connaître en discutant de tous les sujets sans exception ( exercice,  financement, organisation, vacances, décès, projets,  craintes, etc. ). Puis « l’administratif » dans son ensemble et là, il faut être méthodique : la CPAM,  l’Ordre des Médecins,  la CARMF, l’URSSAF,  l’ARS, la banque, les assurances, etc. Je suis le premier à dire que cela pourrait être plus simple, mais quand l’objectif final est d’exercer la médecine générale telle que je l’entends, ça ne me paraît pas la mer à boire. Être son propre « patron » en libéral, c’est tout de même ÇA le point positif !

Ce sont également  les possibilités d’évolution qui me séduisent : définir un projet de santé en commun avec mes associés, voir un pôle de santé un jour pour pouvoir évaluer notre impact en termes de santé de population. Je trouve que la prévention doit être le cœur de notre métier et pour ça il faut prendre un peu de recul. J’ai décidé de prendre ce recul dans mon exercice avec une plage horaire d’une demi journée par semaine (mercredi matin) sans voir de patients et des réunions avec mes associés régulièrement. Ce recul, c’est aussi ne pas passer 80 heures par semaine au boulot et garder une vie personnelle épanouie : dans mon cas, ce sont là famille, la montagne, les amis et les voyages avec une journée complètement OFF par semaine (le jeudi) !

Pour conclure, je m’engage de manière réfléchie et délibérée dans ma première installation : quel challenge ! Quelle fierté !

Même si je n’ai que peu de recul sur cette installation, j’espère que vous aurez compris le message principal : c’est passionnant. Après mon parcours, je n’envisage pas de pratiquer la médecine générale autrement qu’en libéral, au plus proche des patients,  comme médecin de famille.

Notre vie professionnelle étant longue, je ne fixe pas de limites aux projets futurs : que sera la médecine générale dans 35 ans ? Je suis bien incapable de le dire ! Alors j’espère que de futurs jeunes confrères continueront à s’installer avec des idées nouvelles et des projets ambitieux, pour me botter les fesses si je m’endors un peu.

Les patients nous attendent !

C. D.

Une réflexion au sujet de « Un moment excitant ! »

  1. lili dit :

    Bonjour, j’ai lu ton témoignage et je le trouve super est ce que je pourrait te poser des question sur tes année d’étude en médecine ça moi même j’ai envie de faire médecin généraliste. Merci 😉

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